"Traces Cartes"

de Dominque Deflou

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J’ai rencontré André Gateau à l’usine Pont-à-Mousson, Sens, en 1973.

Lui secrétaire du comité d’entreprise, moi jeune syndicaliste.
Lui, altruiste, poète, érudit ; moi en quête de culture.
André s’est fait référent, je lui ai emboîté le pas.

 

Dominique Deflou

On retrouvera donc ici, à travers le dispositif très précis de Dominique Deflou, quelque chose de l’âme de cet homme — devenue errante mais que ce livre et cette exposition fixent pour nous un moment — qui a su prêter une attention fervente au monde dans sa multiplicité à la fois belle et terrible. L’idée originelle de scander la parade des étonnantes photographies par des vers (plutôt « baisers volés » que notations consonantes) venus des livres de ce poète est non seulement un signe d’amitié par-delà le temps (celui de l’amitié syndicale) mais surtout la vérification de l’axiome baudelairien des correspondances : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent » — les images et les vers tout autant !

François Boddaert

Editions Obsidiane

P.-S. La poésie est passée de mode car c’est un art du temps long, ce que savait André Gateau qui n’attendait rien en fait de reconnaissance sinon le partage avec certains amis. Pour moi, j’ai toujours su ce qu’était un poète car je le voyais régulièrement dans la maison familiale — rue Beaurepaire, aujourd’hui rue André Gateau par la grâce de l’ancien maire Jean Cordillot (et de Raoul Klein, ami du poète) — la brosse drue du poète André Gateau, son visage un peu fermé derrière les verres épais de ses lunettes. Il venait discuter avec mon père, et pas que de sa santé. Il n’est donc pas hasardeux que je sois devenu l’un de ses éditeurs...