Mallarmé invite... Yamamoto

Les saisons

 

Exposition : du 4 juin au 3 octobre 2021

Musée départemental Stéphane Mallarmé (Vulaines-sur-Seine, 77)

#1529
Kawa-Flow_#1637_©_Yamamoto_Masao
A_Box_of_Ku_#9_©_Yamamoto_Masao
Bonsaï #4001 © Yamamoto Masao
Nakazora_#1142_©_Yamamoto_Masao_
Portrait de Yamamoto Masao
_Bonsaï_#4007_©_Yamamoto_Masao
insta1080X1080V2-min.jpg

La maison de Stéphane Mallarmé à Vulaines-sur-Seine, musée départemental ouvert au public depuis 1992, est un lieu d’importance et de renommée internationale au caractère singulier. Cette maison, qui a gardé son charme originel, conserve du mobilier, des objets, une rare et magnifique bibliothèque ainsi que des oeuvres issues des collections du poète.

Considéré comme l’un des hommes de lettres les plus sibyllins de la littérature française, auteur d’une oeuvre difficile à saisir au premier abord, Stéphane Mallarmé aimait les arts avant tout.

« Incorrigible mondain » selon sa fille, il aimait s’entourer d’écrivains, de peintres et de musiciens, qu’il accueillait tous les mardis, notamment autour de lectures dans son appartement parisien rue de Rome. Ces rencontres ont largement contribué à la légende et à la notoriété du poète.

Pour inviter à nouveau des artistes plus contemporains, le Conseil départemental de Seine-et-Marne a confié la programmation de l’exposition estivale, à l’association Volonté d’art. C’est ainsi, qu’est né le concept « Mallarmé invite... ». Cette année, Yamamoto Masao, photographe japonais se dévoile au musée Mallarmé.

Né en 1957 à Gamagōri, dans la préfecture d’Aichi, au Japon, Yamamoto Masao étudie d’abord la peinture avant de se consacrer entièrement à la photographie. Depuis près de quarante ans, il construit une oeuvre d’une esthétique très personnelle, mêlant culture picturale japonaise et regard photographique contemporain.

Une photographie qui, tournée vers la nature et la poésie du quotidien, peut être rapprochée de la tradition littéraire du haïku. Une oeuvre habitée par le même regard mais déclinée au fil du temps en plusieurs séries: A box of Ku, Nakazora, Kawa (titres inspirés par la philosophie bouddhiste) et, plus récemment, Shizuka et Bonsaï

Influencé, notamment, par les haïku du célèbre moine zen Ryōkan (1758-1831), Yamamoto confirme son intérêt pour l’observation de la nature, de ses variations et de sa saisonnalité. Tout comme le principe même du haïku, qui se veut bref, employant entre autres un mot de saison (kigo), le photographe capture l’instant présent dans ce qu’il a de singulier et d’éphémère. L’artiste ne donne ni titre, ni date, à ses photographies : ses images sont comme des fragments de vie rares et mystérieux.

Aimons à penser que Mallarmé et Yamamoto auraient apprécié se côtoyer. Les photographies de Yamamoto nous rappellent l’attrait de Mallarmé pour la culture nipponne, à une époque où le Japon s’ouvre à l’Occident, au début de l’ère Meiji (1868-1912). Le pays du Soleil-Levant accueille alors un nombre croissant d’Européens qui multiplient les voyages dans l’archipel et découvrent peu à peu une culture et des traditions mystérieuses qui les fascinent.

Comme bon nombre de ses amis, Mallarmé cède à cet engouement qu’on appelle alors le « japonisme » et se met à collectionner des « japonaiseries » : des éventails, des estampes, des bibelots et son fabuleux cabinet japonais à tiroirs qui abritait, jusqu’au dernier jour de sa vie, l’ensemble de ses recherches et de ses ébauches.

Parallèlement, au Japon, le poète devient un écrivain reconnu et admiré. À la fin du 19e siècle, le pays duSoleil-Levant veut en effet se doter d’une littérature moderne, forte. Les intellectuels nippons s’intéressent alors au vers libre et au symbolisme. Mallarmé, considéré comme le maître de ce mouvement, devient une figure littéraire incontournable et un allié, compris et adulé. Aujourd’hui encore, il est très apprécié des amateurs de poésie et des chercheurs en littérature japonais. 

montrant tantôt le dessus 

tantôt le dessous 

                  les feuilles d’automne tombent

« Ce poème a eu un grand impact sur moi.

Je pense que Ryōkan a utilisé cette métaphore pour parler de la vie.

La vie est une accumulation de moments. À certains moments les feuilles montrent leur face ensoleillée,

à d’autres moments leur dos d’ombre, mais à la fin, toutes les feuilles tombent et disparaissent. »

Yamamoto Masao

WEEK-END SPÉCIAL JAPON // SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 JUILLET

Entrée gratuite pour tous !

Le musée propose à ses publics un week-end de programmation inédit autour de sa nouvelle exposition temporaire consacrée au photographe Yamamoto Masao et de la culture traditionnelle nippone.

ATELIER ET SPECTACLE « CONTES EN ORIGAMI » // SAMEDI À 14H30

La comédienne Junko Murakami initiera les enfants à l’art ancestral du pliage de papier japonais, le célèbre origami, puis utilisera une partie des personnages et des éléments de décor confectionnés lors de l’atelier pour leur raconter des histoires fantastiques, à la manière du kamishibaï, le théâtre d’images ambulant.

Durée : 1h30 d’atelier + 30 minutes de spectacle – Jeune public (à partir de 6 ans)

Tarif : 2€ par enfant – Réservation obligatoire (places limitées).

Les visiteurs du musée pourront assister librement au spectacle à 16h15 pour se laisser

porter par les contes de Junko Murakami (dans la limite des places disponibles) !

PERFORMANCE THÉÂTRALE PAR SHIRO DAÏMON // DIMANCHE À 15H ET 16H30

Shiro Daïmon, personnage hors norme à la fois danseur, chorégraphe, acteur et musicien, sera exceptionnellement présent au musée pour une performance unique : une démonstration fusionnant les techniques du théâtre traditionnel japonais (le nô et le kabuki) et de la danse contemporaine, dans une écriture originale et poétique. Ne le ratez pas !

Durée : environ 30 minutes – Tout public – Réservation obligatoire (places limitées).

Le musée donne également rendez-vous à ses publics les 18 et 19 septembre, à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, ainsi que les 2 et 3 octobre pour d’autres animations dédiées à la culture traditionnelle nipponne.

Musée Mallarmé

4, promenade Stéphane Mallarmé - 77870 Vulaines-sur-Seine

Tél. : 01 64 23 73 27 - mallarme@departement77.fr

Ouvert tous les jours sauf le mercredi, de 10h à 12h30

et de 14h à 17h30, jusqu’à 18h en juillet et août.

Un grand merci aux galeries pour leur prêt et leur enthousiasme 

Logo.tiff
Logo Galerie Albert Baumgarten.jpg
logo valid foto cuadrado.jpg

*propos de Didier Brousse